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Mali : Aliou Diallo travaille sa stature d’homme de paix et d’homme d’Etat

L’appel au dialogue d’Aliou Diallo à Ibrahim Boubacar Keïta et à Soumaila Cissé a fait beaucoup de bruit dans le landerneau politique malien. Un geste d’apaisement en même temps qu’une volonté affichée de l’opposant d’insister sur sa dimension d’homme de paix et de dialogue. Est-ce aussi une manière de s’extirper d’un bourbier né d’une élection jugée chaotique par la majorité des candidats pour se recentrer sur les affaires ou une manière de préparer l’avenir pour celui qui ne veut certainement pas passer pour un jusqu’auboutiste ?L’élection présidentielle de cet été a laissé des traces du côté de Bamako. Après une campagne tendue, marquée par des violences policières contre l’opposition et des accusations de fraudes électorales fusant de toutes parts, tous les germes de l’ingouvernabilité du Mali se multiplient à mesure que les jours passent et que le pays peine à se remettre de la crise post-électorale.

Dans ce contexte de fortes tensions, et alors que le leader de l’URD, et finaliste malheureux du scrutin, Soumaïla Cissé, cherche à faire perdurer le mouvement de contestation en rejetant les résultats de l’élection, la démarche d’apaisement et d’appel au dialogue du troisième homme de la présidentielle, Aliou Diallo, apparait comme la seule et unique solution pour ce fragile pays sahélien englué dans une crise qui ne finit pas.

A l’occasion de la fête de l’Indépendance du Mali, le 22 septembre, M. Diallo avait publié un communiqué appelant à l’apaisement et au dialogue entre l’opposition et le gouvernement. Il y a même indiqué être prêt à considérer l’option d’un gouvernement d’union nationale pour fédérer les énergies et les idées de l’ensemble de la classe politique.

La déclaration de cet homme d’affaires, reconverti en politique suite aux violences armées qui coupent de fait le Mali en deux depuis 2012, et qui est considéré par de nombreux observateurs comme la force à suivre de la scène politique malienne, a encore renforcé l’image d’iconoclaste d’Aliou Diallo.

Car M. Diallo, qui était largement inconnu six mois avant la présidentielle de juillet, a mené campagne sur les thèmes du changement du système et des mœurs pour que la politique malienne cesse d’être une foire d’empoigne où quelques apparatchiks s’enrichissent. Il insistait au mois de juillet sur sa volonté de remettre enfin le pays au travail pour améliorer concrètement les conditions de vie de leurs concitoyens.

Au regard de ces thématiques, la cohérence de l’appel au dialogue adressé aux autres acteurs politique est totale. C’est aussi le signe du pragmatisme d’Aliou Diallo dont la mentalité d’entrepreneur le pousse à voir très tôt ce que d’autres n’ont pas voulu voir. Il veut faire bouger les choses et avoir des résultats. D’abord critiqué par une partie de l’opinion, la position d’Aliou Diallo est aujourd’hui reprise en échos par l’ensemble des acteurs politiques. Modibo Sidibé, Moussa Mara, Cheick Modibo Diarra, tous les principaux politiques appellent à l’ouverture d’un dialogue national tantôt « inclusif » tantôt « refondateur ».

Cette posture d’appel au dialogue est d’autant plus logique que le pays fait face à une crise sociopolitique et économique sans précédent qui impose une gestion concertée du pouvoir. Alors que l’Accord de paix piétine, les indicateurs économiques sont au rouge et le pouvoir d’achat des maliens ne cesse de s’éroder. 5% de hausse du carburant, 100% de certains produits de première nécessité, des grèves à répétition sont le lot quotidien qui viennent s’ajouter aux attentats à répétition dans le centre et le Nord du Pays. Malheureusement, ni le Président en place ni son challenger ne semblent vouloir se prêter à ce dialogue au détriment des populations maliennes…

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